L’Appel du Général De Gaulle

L’Appel du Général De Gaulle

Article de Sylviane Ranoux, Présidente du Comité de Périgueux de l’ANACR, membre du Bureau et du Groupe de travail historique du CDM24 :

Jeudi 18 juin 2026

Journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi

Le 17 juin 1940, dans un message radiodiffusé, le Maréchal Pétain annonce qu’il a demandé aux Allemands les conditions d’un armistice. Celui-ci sera signé le 22 juin
suivant à Rethondes et le 26 juin Pétain annonce qu’« un ordre nouveau
commence ». C’est le début de la collaboration avec l’Allemagne nazie.
Ce 17 juin 1940, refusant la défaite, le Général de Gaulle part pour Londres d’où le lendemain 18 juin 1940, il lancera son premier appel à la Résistance à la BBC.
Ce 17 juin 1940, deux autres appels sont lancés sous forme de tracts :
 Edmond Michelet depuis Brive en Corrèze (parti Chrétien Démocrate)
 Charles Tillon depuis Gradignan et Gironde (PCF clandestin)
L’appel du Général de Gaulle est diffusé une première fois le 18 juin, puis quatre fois le lendemain. Il est malgré tout probable que très peu de Français purent l’entendre en direct. Néanmoins la voix du général devait peu à peu leur devenir familière, le Général de Gaulle intervenant 67 fois au micro de la BBC durant le conflit.
L’appel du 18-Juin-1940 est fondateur à plus d’un titre. Lancé, avec l’accord de Churchill, sur les ondes de la BBC par celui qui était alors inconnu du grand public, il peut être considéré comme l’acte de naissance de la France libre.
L’appel du Général de Gaulle, constituera également un évènement fondateur qui conduira à la création du Conseil National de la Résistance réuni pour la première fois le 27 mai 1943 sous la présidence de Jean Moulin. L’ensemble des organisations constituant le Conseil National de la Résistance marquant alors à cette date leur ralliement au Général de Gaulle.

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis.
Cette guerre n’est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »
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