Hommage à Alexandre Bossavit
Article de Jacqueline Poltorak dans l’édition de la Dordogne du Journal Sud-Ouest du lundi 6 juillet 2026 :

Jeudi 25 juin, sur le parvis du lycée professionnel de Chardeuil à Coulaures, s’est tenue la cérémonie de dévoilement de la plaque en hommage à Alexandre Bossavit, en présence des membres de sa famille et de la proviseure. C’est l’aboutissement d’un travail de mémoire engagé depuis un an et demi entre Éric Pistouley, professeur de lettres et d’histoire, ses élèves de 3e prépa des métiers et l’Amicale des familles et amis des victimes du Pont-Lasveyras.
C’est à l’issue d’une visite sur le site, commentée par l’un des membres, Jean-Claude Bellarbre, que l’enseignant a trouvé l’occasion d’approfondir le sujet de la Résistance. Joël, membre de ladite amicale, a été invité à venir témoigner du retour du camp de Mauthausen de son père, le rescapé André Boissavit, devant les jeunes. L’intérêt des élèves a été immédiat. En effet, Alexandre Bossavit a eu un lien étroit avec l’établissement en y exerçant comme agent de service de 1951 à 1989. L’existence d’Alexandre, né en 1923 et originaire de Lanouaille, a pris une tournure imprévue avec son départ en novembre 1943 aux Chantiers de jeunesse à Belin-Béliet (Gironde). Début 1944, réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il décide de se réfugier au moulin du Pont-Lasveyras.
Prisonnier des nazis
Sa vie bascule le 16 février avec l’attaque des nazis ; il est fait prisonnier à Limoges où il subit les sevices de la Gestapo. Il est ensuite transféré à Compiègne puis à Mauthausen. Il y connaîtra « l’escalier de la mort » de la sinistre carrière puis les camps Gusen 1 et 2. Il est libéré en 1945 et rentre à Lanouaille, ne pesant plus que 37 kilos. En 2003, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur et décède en 2011.
Six lycéens lanouaillais ont dévoilé la plaque et ont lu le texte composé par leurs soins. Comme l’a rappelé la proviseure : « Le lycée a aussi été un lieu de chantiers de jeunesse, il faut faire vivre son histoire. » Jean-Claude Bellarbre a conclu par une phrase empruntée à Marc Bloch : « L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé. »