La rescapée du Vel d’Hiv

La rescapée du Vel d’Hiv

Nous devons à la municipalité de Razac-sur-l’Isle une rencontre émouvante avec Irène Sapir le 3 juin dernier au Foyer laïque de la commune. Elle est ici, sur cette photo aux côtés de Violette Folgado, maire de la commune qui prononça quelques mots d’accueil et de René Gay, Président de la Délégation territoriale de l’AFMD qui complètera ce témoignage par un exposé sur la Déportation.

Née d’un père russe et d’une mère polonaise, Irène vivait à Paris en 1939, réfugiée au Pays de la Liberté, dans une Europe livrée au chaos par la folie de l’Allemagne nazie. Son père s’est engagé dans l’armée française ; elle vit seule avec sa mère dans un petit appartement.

En 1940, la France est vaincue et Paris est occupée par l’armée allemande. Son père est prisonnier, exilé en Allemagne ; le gouvernement s’engage dans la collaboration. Le premier statut des juifs est promulgué le 3 octobre 1940 ; les premières rafles de juifs commencent mais ne concernent que les hommes. Irène a 5 ans, dans un pays qui a renoncé à son honneur et à ses valeurs.

Comme à chaque fois qu’elle est appelée à témoigner, Irène Sapir commence par dire son rejet des idées d’extrême droite, son refus de saluer celles et ceux qui les portent jusque dans notre Périgord. Elle n’était qu’une enfant, mais elle se souvient de ce 16 juillet 1940 :

« Pan, pan, pan, on frappe à la porte, ce sont deux policiers français qui viennent pour nous arrêter. Ma mère résiste, c’était une forte femme de l’Est, je crie et je pleure, mais on nous emmène dans un camion. Nous allons connaître l’horreur pendant deux jours. Dans ce stade des gens partout, sur la pelouse et dans les gradins et d’autres qui arrivent sans cesse… »

Sa mère heureusement a pu prendre sur elle quelques papiers et va pouvoir prouver aux autorités qu’elle est la femme d’un prisonnier de guerre. Elles sont libérées.

4000 enfants n’auront pas la chance d’Irène. Ils seront livrés aux Allemands, avec leurs parents, pour leur funeste destin.

Sa mère sera arrêtée à nouveau en juillet 1942. Avec 10 000 autres personnes elle part pour Auschwitz dans le convoi 49. Heureusement, elle avait pris la précaution de placer Irène dans une famille d’accueil. Irène est bien tombée et pourra même aller à l’école.

Elle retrouvera sa mère et son père, à quinze jours d’intervalle, en mai 1945. Sa mère fait partie des 6 survivantes du convoi 49.

Spread the love
Les commentaires sont clos.