Sortie mémorielle en Lot-et-Garonne
Ils étaient 1200, résistants endurcis de différentes régions françaises, capturés par des policiers ou des GMR, regroupés dans la Centrale d’Eysse à Villeneuve-sur-Lot, ayant refusé leur sort et s’étant rebellés. 12 d’entre eux seront fusillés sur place. les autres seront livrés le 30 mai 1944 par le Gouvernement de Vichy à la Das Reich, la division SS qui sévira ensuite à Rouffillac en Dordogne, à Tulle en Corrèze, ou encore à Oradour-sur Glane en Haute-Vienne; emmenés à pied ou en camion à la gare de Penne-d’Agenais; chargés dans des wagons à bestiaux, direction Dachau via Compiègne pour les camps de travail nazis. 400 n’en reviendront pas.
Les comités départementaux de la Dordogne de l’ARAC et de l’AFMD et le Comité de Périgueux de l’ANACR se sont regroupés pour organiser une sortie mémorielle sur les traces des martyrs de la Centrale d’Eysse. Ils furent accueillis par Guy Victor, Président du Comité de Penne d’Agenais de l’ANACR.
Un premier bouquet a été déposé à l’intérieur même de la prison, devant le mémorial érigé en hommage aux douze d’entre eux, identifiés comme des meneurs, qui y furent fusillés.
Le cortège de voiture suivit alors le chemin qui les mena de la prison à la gare de Penne.
Le groupe marqua l’arrêt devant le panneau posé par l’ANACR sur le lieu d’exécution d’Angelo Huerga Fierro, un ingénieur agronome espagnol, déjà engagé dans la lutte contre le fascisme en Espagne avant de rejoindre la Résistance française. Il fut abattu au cours de cette marche de 11 km vers la gare de Penne, n’ayant plus la force de marcher.
L’espace mémoriel de l’ANACR lot-et-garonnaise se compose :
- d’une salle dans le bâtiment sur le côté de la gare où l’on peut prendre connaissance des faits sur des panneaux explicatifs ou grâce à un petit film,
- d’un wagon d’époque aménagé pour que chacun puisse se représenter ce qu’ils endurèrent,
- et d’un mémorial sur lequel figure les 1200 noms de ces patriotes.
Les président(e)s de l’ARAC, de l’AFMD et de l’ANACR de Périgueux déposèrent un bouquet en leur mémoire, accompagnés par Serge Ruaud, fils de Bernard Ruaud, dit Popeye, résistant du Groupe Lucien Sampaix, capturé en Corrèze, qui figurera parmi les survivants de cette épopée.
Après le repas au Peyragude, au portes de la vieille ville de Penne, le groupe a découvert le lieu d’une attaque par quelques résistants locaux du train qui transporta les détenus à Compiègne. La charge d’explosif qui devait stopper le train ne fit, malheureusement, que l’endommager.
Pour clore cette visite, les participants furent accueillis dans les locaux de l’ANACR de Lot-et-Garonne, dans le Centre Délestraint Fabien à Penne-d’Agenais et purent visiter ce site acquis par des résistants pour y créer un établissement de soins médicaux pour les résistants. Le site est devenu propriété de l’Association du domaine de Ferrié, du nom de l’ancien château. L’ANACR est propriétaire de l’établissement public de soins de réadaptation et de convalescence.
Les participants ont chaleureusement remercié Guy Victor pour ces découvertes et pour toutes ses explications.