Les rivières basses

Les rivières basses

Chargement de la carte…

Adresse
flageat
Sainte-Marie-de-Chignac
Dordogne


France


A la mi-février 1944, les Résistants et plus particulièrement les F.T.P. ayant opté pour des actions plus offensives visant plus directement l’ennemi, un groupe du détachement « Gardette », commandé par Samson Roche, dit « Coco » et André Bouchillou, dit « Pépé », prévenu par Jacqueline Garnier, agent de liaison des Versannes dite « La panique », du passage d’une colonne allemande se dirigeant sur Le Bugue, décide de monter une embuscade visant à surprendre l’occupant sur le chemin du retour. Le site des « Rivières Basses », à peu près à mi-chemin entre Les Versannes et Niversac est choisi car il offre une excellente protection aux hommes, avec de bonnes possibilités de repli et une absence d’habitations aux alentours. Alain Province dit « Dubreuil » est au fusil mitrailleur. Il connaît bien les lieux et peut même apercevoir, depuis son poste sur l’embuscade, la ferme familiale sur la colline de Flageat.
A la tombée de la nuit, au passage des véhicules allemands, les armes se mettent à crépiter. Les side-cars, copieusement arrosés, basculent dans le pré en contrebas avec leurs occupants ainsi que la traction. Les hommes décrochent et se mettent à couvert, la retraite s’effectue sans incident. Cette embuscade, réussie sans casse, fait grand bruit. Il en est même question sur les ondes de Radio-Londres. Quelques semaines plus tard, à l’occasion de la désertion des soldats géorgiens, « Coco » peut enfin dresser le bilan de l’opération qui a fait 15 morts dans les rangs ennemis. Ces lourdes pertes expliquent sans doute mieux la volonté des autorités allemandes de ne pas laisser cet acte impuni, d’où l’existence, aujourd’hui, sur le talus, en bordure de la ferme Longueville, près de la D. 710. d’une stèle qui honore la mémoire des « victimes de la barbarie allemande, le 27 mars 1944 ». Ce jour-là, comme la veille à Brantôme, ce sont vingt-cinq hommes que l’on a extrait de la prison de Limoges qui arrivent dans un autocar fortement escorté, vers 15 h 30, sur le lieu de l’accrochage. Après avoir été dépouillés de leur pardessus, les 25 otages sont exécutés, comme tant d’autres, par des rafales de mitraillettes. Après le massacre, les Allemands pillent et incendient la ferme, puis repartent en laissant les corps sur place. Au final, on ne dénombre que 23 victimes, car il y a eu ici deux miraculés qui ont vu ce jour-là la mort de très près. Chaque année, à l’occasion du premier dimanche de mars, après la cérémonie du « Capelot » où l’on rend hommage à trois résistants tombés glorieusement pour la France le 4 mars 1944, une foule importante s’y retrouve, aux côtés des résistants survivants, pour commémorer d’une part, le souvenir de l’acte de résistance et, d’autre part, celui de ce massacre collectif, le deuxième en 48 heures à mettre à l’actif de la division « B ».
25 otages, 23 fusillés, deux rescapés
Le 27 mars 1944, 25 otages, dont une majorité de juifs réfugiés ou résistants incarcérés dans les prisons de Limoges et de Périgueux, sont conduits à Sainte-Marie-de-Chignac pour y être abattus. Deux d’entre eux, Joseph Camosetti et Tania Tennenbaum, parviennent à s’enfuir.
Les autres sont fusillés sur place. Ils s’appelaient Laja Balaustein (29 ans), Gérard Bloch (32 ans), Osias Burstein (51 ans), Pierre Bussière (31 ans), Albert Chaminade (21 ans), Jean Coste (23 ans), Henri Dunayer (44 ans), Jean Debernard (21 ans) Albert Dreyfuss (43 ans), Arno Falk (40 ans), Jean Galinat (34 ans), Abraham Gelcam (19 ans), Heyman Granat (50 ans), Isaac Granat (20 ans), René Guir (41 ans), Gerhard Joachim (34 ans), Nachmann Katz (48 ans), Bognos Manoukian (46 ans), Mendel Sikove (50 ans), Mendel Stern (64 ans), Hermann Sveida (40 ans), Johan Trojanowski (42 ans) et Simon Wolfgang (44 ans).

Retour à la carte


Retour à la liste

Évènement à venir

  • Aucun évènement à cet emplacement