Commémoration à Saint-Laurent-sur-Manoire
Article de Francis Acquaert publié sur le site de La Dordogne Libre le dimanche 15 août :
Par Francis Acquaert
Publié le 15/08/2026 à 11h00.
Sur les traces des maquisards, le temps n’efface pas les noms de ceux tombés pour la France. Une cérémonie était organisée, lundi 10 août.
Le souvenir des événements tragiques d’août 1944 a été honoré lundi 10 août, au monument aux morts de Saint-Laurent-sur-Manoire, en présence d’une vingtaine de personnes. Autour de Fanny Castagnède, maire de Boulazac-Isle-Manoire, de Jacques Auzou, président du Grand Périgueux, et de plusieurs élus de la commune, Sylviane Ranoux, représentant l’ANACR Périgueux, participait également à cette cérémonie du souvenir. Deux véhicules de maquisards FFI, ainsi que deux hommes en tenue de l’époque, Manu et Patrick de l’association MVCG Dordogne, étaient présents pour rappeler le contexte de ces événements.
« L’aviateur est foudroyé par une balle »
À 11h, la cérémonie a débuté par le Chant des partisans. Jean-Pierre Gardette, maire délégué de Saint-Laurent-sur-Manoire, a ensuite donné lecture d’un extrait du récit d’Yves Bancon, ancien résistant et ancien secrétaire de l’ANACR, relatant les événements. « Le camion et ses occupants vont se trouver face à face avec une voiture allemande, équipée d’une mitrailleuse, et les événements vont aller ensuite très vite, raconte-t-il. Le gradé, ennemi, saute à terre et intime au véhicule maquisard de stopper, mais, Maurice, le chauffeur, appuie au contraire sur l’accélérateur. C’est alors que Marcel Ligerot, surnommé l’aviateur est foudroyé par une balle entrée par un œil, lâche prise et roule à terre. Le camion poursuit sa course folle, conduit par Maurice, accroupi derrière le tableau de bord et blessé à la main gauche. D’autres véhicules allemands suivent à distance et, à chaque croisement avec le véhicule des maquisards, les tirs se déclenchent, s’intensifient de part et d’autre… Le moteur, criblé de projectiles, se met à cafouiller, à fumer et a stoppé… »
Un témoignage qui permet de mesurer, encore aujourd’hui, la violence des affrontements et le courage de ceux qui s’engagèrent dans la Résistance.
Des noms mis en valeur sur le monument
Accompagné de deux porte-drapeaux de la Fédération des anciens combattants, Jean-Pierre Gardette a ensuite procédé au dépôt d’une gerbe au pied du monument aux morts. Après avoir rappelé les faits tragiques liés à chacun des disparus, une minute de silence a été observée par l’assistance.
L’édile a alors donné lecture des onze noms inscrits sur le Monument aux morts. Après chaque nom, l’assistance a répondu « Mort pour la France ». La sonnerie aux morts, puis la Marseillaise, ont ponctué ce moment solennel avant le salut aux porte-drapeaux.
Cette cérémonie était aussi l’occasion de mettre en valeur le travail réalisé récemment sur le monument. Les onze noms sont désormais lisibles grâce à une plaque blanche, installée par les services techniques derrière l’ancienne plaque métallique, qui avançait auparavant par rapport au mur. Cette nouvelle disposition facilite nettement la lecture des noms et contribue à leur transmission aux générations futures.