Peinture et littérature à Mussidan

Peinture et littérature à Mussidan

Article de Bruno Boucharel dans l’édition de la Dordogne du journal Sud-Ouest du mercredi 4 novembre 2026 :

Jeudi 22 octobre, les Amis du musée et le Mémorial de la Résistance avaient invité quatre passeurs de mémoire à présenter leurs récentes publications sur la Seconde Guerre mondiale. La rencontre se tenait au cinéma de Mussidan, la grande salle du musée étant occupée jusqu’au 18 décembre par l’exposition de peinture de Jean-Michel Linfort, « Périgord, terre ardente de résistance ».

L’ancien sous-préfet a expliqué la démarche qui l’a guidé tant dans l’écriture (« Anges gardiens et zones grises ») que dans la peinture. « Rapporter les faits était une nécessité », souligne Jean-Michel Linfort, attaché à la mémoire paysanne et rattrapé par l’histoire familiale, ses parents ayant recueilli et caché une famille juive durant l’Occupation. «La peinture est pour moi une sentinelle de la mémoire. »

«Ouvrage utile »

Bernard Reviriego a réalisé un énorme travail consacré aux victimes dans deux ouvrages, « Les Juifs en Dordogne » (2003), et « Fusillés et morts au combat » (2023). L’archiviste souligne que la Dordogne est au deuxième rang des départements victimes de la guerre (422 civils, 692 résistants). Il ne se contente pas de statistiques, présente les faits, les parcours humains et aborde « ce que l’on n’aurait pas dit il y a vingt ans » : les angles morts, les accidents, méprises, exécutions douteuses, règlements de comptes. « L’histoire n’est pas une légende dorée », souligne Bernard Reviriego.

Géographe et cartographe, Patrick Ranoux a utilisé un tout autre support avec son « Atlas de la Seconde Guerre mondiale en Dordogne », réalisé avec Bernard Reviriego. 52 cartes, accompagnées d’explications, présentées de manière chronologique de septembre 1939 à août 1944. Avec en fond de cartes les communes de Dordogne, elles rendent compte des faits, datés et situés avec précision et représentent « ce qu’il serait compliqué de rapporter par le texte ». L’ancien prof reconnaît avoir voulu faire « un ouvrage utile » pour les enseignants et les élèves. Ludovic Chasseigne, enfin, a évoqué brièvement « 37 vies pour mémoire », l’ouvrage que Patrice Rolli consacre au massacre d’Espinasse en 1944 à Saint-Germain-du-Salembre.

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