Eugène PINTOS – Parcours
Portrait
Pour lire le parcours plus détaillé d'Eugène Pintos, appuyer sur le lien suivant :
Eugène PINTOS (1916-1991) alias « Papi », 4e FPTF, groupe Soleil, parcours 1937-1945 Paul Limousi : « Il faudrait des heures pour retracer Ia vie d’Eugène Pintos, tant celle-ci a été bien remplie. Son passage sur cette terre, ce fut un combat permanent, combat pour la Liberté pendant les années de guerre et Ia Résistance, combat pour la dignité et le respect de l’homme dans sa vie professionnelle, combat pour l’honneur et le respect des valeurs de la Résistance, de la mémoire de ses morts dans sa vie de tous les jours »
Eugène PINTOS est né le 15 novembre 1916 à BORDEAUX. Il est issu d’une famille d’émigrés espagnols (province d’Avila) arrivée en FRANCE en 1913. Deux enfants, des garçons, Dominique et Edouard, étaient nés en ESPAGNE. Plus tard, naitront en France deux autres garçons Eugène et Emilien et deux filles, Françoise et Phelippa, dans le quartier BELCIER proche de la gare Saint-Jean à BORDEAUX, où ils grandirent au sein d’une famille aimante, parfaitement intégrée à la société bordelaise. Travaillant dès l’âge de 15 ans comme « garçon de restaurant », le 15 octobre 1937 à l’âge de 21 ans, il est incorporé au 18e RI. Il restera sous les drapeaux jusqu’à la fin de la guerre. Proche de la fin de son service militaire, c’est la déclaration de guerre et l’envoi au front. Prisonnier lors des premiers combats, évadé une première fois, repris, une seconde évasion réussie, il se fera démobiliser du 18e RI, pour se cacher et entrer en résistance. A la libération du département, le groupe « Soleil » auquel il appartient est incorporé au 108e RI (recréé le 1er décembre 1944 pour libérer les poches de l’atlantique. Engagé volontaire pour la durée de la guerre, le 22 août 1945, il est démobilisé sous le grade d’adjudant, le 108e RI étant dissous le 1er septembre 1945.
[P. L.] « Quand la guerre éclate, il est affecté au corps franc du 1er bataillon de son régiment. Ceux qui ont fait la guerre savent ce que cela veut dire : Patrouilles de reconnaissance, coups de main, c’est-à-dire un contact permanent avec l’ennemi.
Dans ce groupe-franc, le 13 mai 1940, il fait preuve d’un courage exemplaire au cours d’un violent engagement et obtient sa première citation avec l’attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze ».
Le 9 juin 1940, il est fait prisonnier à ROCHE près de VONCQ dans les ARDENNES. Au cours de son transfert vers l’arrière des lignes allemandes, il est blessé. Après avoir été soigné par le service de santé allemand il est interné au stalag « IV A » à HOHNSTEIN près de LEIPZIG sous-le matricule 22609, où six mois après il est détaché pour travailler dans la ferme de Monsieur RIDEHL à VIGENDORF pendant 20 mois, puis au commando 115 à BOLHEIM, dépendant du Stalag « IV G », également près de LEIPZIG.
[P. L.] « Ce serait mal connaitre « PAPI » que de penser qu’il va se contenter d’attendre tranquillement entre les barbelés que la guerre se passe.
2 Dès le premier jour de sa captivité il n’a qu’un seul but : s’évader, ce qu’il fait en novembre 1942 mais il est repris à FONTOY, en MOSELLE et ramené au point de départ, au stalag « IV G » commando 115 ». Il s’évade à nouveau le 11 avril 1943, évasion qui, cette fois, est couronnée de succès. Il arrive à LA REOLE (après avoir franchi la ligne de démarcation dans un wagon SNCF rempli de cageots vides) où il prend le train pour TOULOUSE, se présente à la gendarmerie qui lui conseille de se rendre au centre de démobilisation de MONTAUBAN, où le 10 mai 1943, il est démobilisé et rayé des contrôles de l’armée active, à compter du 11 avril 1943. Le 12 mai 1943 il arrive à BELVES où séjourne une partie de sa famille et il se camoufle chez monsieur BARJOU au « Colombier » sur la commune de SAGELAT. Le 21 février 1944 il rejoint la Résistance et rentre au groupe « Soleil » qui était en train de se constituer avec René COUSTELLIER qui venait se ravitailler dans une ferme (les Fargues), chez MALAURIE, située à moins d’un kilomètre du Colombier à vol d’oiseau. Après avoir effectué un stage à l’école des cadres dans le secteur de CARSAC dans le Lot, il est nommé adjudant le 30 avril 1944.il est affecté au groupe franc N° 4, (5e bataillon), où il participe à toutes les actions marquantes du « 4 e régiment FTPF ». Le 20 octobre 1944, sur le front de la ROCHELLE, il se distingue une fois de plus lors d’un accrochage de sa patrouille avec une section ennemie près de VERINES, ce qui lui vaut sa deuxième citation avec une nouvelle étoile de bronze à sa croix de guerre.
[P. L.] « Sa vie civile est à l’image de son passé sous les drapeaux. Il fait divers métiers avant de rentrer dans une entreprise de travaux publics en MOSELLE. » En février 1946, à BORDEAUX, il épouse Catherine VANIN, d’origine italienne. Il l’avait connue en côtoyant sa famille, pendant son service militaire en LORRAINE, avec laquelle il aura un fils unique, François. *
[P. L.] « Eugène n’avait pas de diplôme, mais il avait pour lui son ardeur au travail, son habileté manuelle, sa conscience professionnelle. Ainsi de simple manœuvre à ses débuts il finit sa carrière d’entreprises en entreprises, comme chef de chantier des travaux publics, laissant son empreinte aux quatre coins de FRANCE, mais aussi en TURQUIE en ALGÉRIE, à CEYLAN à TAHITI, cela, sans jamais rien renier de ses convictions, sans jamais faire la moindre concession qui aurait pu porter atteinte à-sa dignité. Atteint d’une grave maladie, il va lutter durant 17ans. Il se battra jusqu’à l’extrême limite de ses forces, avec une obstination sans pareille. Il se consacrera alors à l’animation de diverses associations (ACPG-ANACR-CVR, MÉDAILLÉS MILITAIRES-FOPAC et bien sûr L’AMICALE du IVe RÉGIMENT FTP « SOLEIL » où, dès sa formation il tiendra une place importante au bureau, (il en fut même le porte-drapeau avant son décès). Aidé par Catherine, il déploie une activité particulièrement efficace dans le canton de BELVES, veillant avec beaucoup de soin à l’entretien des stèles de nos camarades tombés au combat. Ce courage, cette volonté de fer, a atteint son apogée ce dimanche dernier 7 avril 1991 quand, malgré sa. maladie et ses souffrances, au prix sans nul doute d’un effort surhumain, il avait tenu à participer à l’inauguration à SAINT-ANDRÉ-D’ALLAS du monument élevé à Ia mémoire de nos camarades étrangers tombés pour Ia libération de la DORDOGNE. Ce fut pour lui, hélas le chant du cygne il ne put rester jusqu’à Ia fin de la cérémonie et rentré chez lui, son état s’est rapidement dégradé jusqu’à l’issue fatale en ce lundi 22 Avril »
François PINTOS, son fils
Contact :06 38 35 77 46
(Texte établi à partir de photos familiales et de l’allocution de Paul Limousi prononcée le 22 avril 1991 lors de ses obsèques au cimetière de Sagelat.)
* Son ami, le frère ainé de Catherine (ma mère), Antoine Bruno VANIN, après s’être engagé volontaire à l’âge de 19 ans dans la 12e brigade internationale « Garibaldi » en Espagne, est rentré en France blessé. Suite à des actes de sabotages sur Auboué en LORRAINE, membre du parti communiste, il est dénoncé et déporté politique. Passant de camps en camps jusqu’à AUSCHWITZ, il en revient vivant en 1945. (https://deportes-politiques-auschwitz.fr/)
Un autre frère, Séverino VANIN, à l’âge de 18 ans rejoint Eugène, (mon père) depuis la LORRAINE début 1944 jusqu’à BELVÈS par le train, au milieu d’allemands, assis sur sa valise dans laquelle il transportait une « Sten ». Il intégra dès le 6 juin le groupe « Soleil » à ses côtés
