Plaque de Grun-Bordas

Plaque de Grun-Bordas

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Adresse
Monument au mort
Grun-Bordas
Dordogne


France


Plaque sur le monument aux morts de Grun-Bordas en mémoire des sept membres de l’équipage de l’avion des alliés qui s’est écrasé au lieu-dit Boirac le 16 août 1944:

  • Kevin ROBINSON
  • Ronald STUBBINCS
  • Reginald WILLIAMS
  • Geprard CAINE
  • Arnold WHIMPENNEY
  • James JACKSON
  • Henri AMBOURNE

ANACR Dordogne:

« …place de l’église et observons le monument aux Morts. Ce dernier porte une plaque à la mémoire des aviateurs alliés morts pour la liberté le 16 février 1944 à Boirac.Dans la nuit du 15 au 16 février 1944, un avion de type Short Stirling Mk III (EF271 EX–F), appartenant au 199 Squadron de la Royal Air Force, basé dans le Suffolk, à Lakenheath d’où il a décollé à 23 h 05, s’écrase vers 3 h du matin en Dordogne, au lieu-dit Boirac, commune de Grun-Bordas, près de Vergt, au retour d’une mission de parachutage effectuée et réussie à Coux, à 20 kilomètres de l’impact, provoquant la mort des sept membres d’équipage qui venaient, leur parachutage réussi, d’apporter leur contribution à l’édifice de la victoire qui, inexorablement, semblait alors se dessiner.« Dans la nuit du 15 au 16 février 1944, se souvient Madame Granger qui, au moment des faits, habitait à Saint-Mayme-de-Péreyrol, mon mari et moi avons entendu un avion qui passait à basse altitude au-dessus de notre maison. Pensant qu’il s’agissait d’un parachutage dans nos champs, nous nous sommes levés, nous avons vu une lueur dans l’appareil, certainement un début d’incendie. Après quelques instants, nous avons entendu la chute de l’avion du côté de Boirac. Le matin du 17, nous sommes partis vers le point de chute. Nous l’avons trouvé sans difficulté ».Fernand Sabouret qui, alors demeurait à 14 km du lieu de l’accident, apprend, dans la journée du 17 février, par des résistants, qu’un avion anglais s’était écrasé dans les bois entre Vergt et Bordas mais, la consigne étant de ne pas se rendre dans ces parages à cause de la présence de représentants de l’armée allemande sur le lieu, il attend quelques jours pour se rendre, connaissant bien la région et les habitants, à Puynaud, où il rencontre plusieurs personnes qui lui disent « avoir entendu l’avion passer au dessus du village à basse altitude, ceci à plusieurs reprises, son vol circulaire passant dans le triangle Bordas-Saint-Mayme-Vergt » et ses témoins d’ajouter : « On entendait quelque chose d’anormal dans le bruit des moteurs ; puis une lueur intense a illuminé tout le paysage suivie d’une formidable explosion, encore quelques détonations et le silence ». Fernand se demande toujours si le pilote, sans doute en proie à une avarie, ne cherchait pas cherchait-il à repérer la prairie de Boirac, longue de 800 mètres, absolument plane, sans arbre, ni obstacle, seul endroit possible pour l’atterrissage d’un avion de ce type.Alfred Marc Roland Fouquet, dit Marcel, dans un témoignage dactylographié intitulé Journal du « camp Marcel » des maquis de la Dordogne (avril 1942-juillet 1945), évoque lui aussi cet accident :« Dans la nuit du 16 au 17 février 1944, écrit-il, un avion allié est passé au dessus du camp, il n’était pas haut et semblait en difficultés, l’on entendait des explosions, le feu devait être à bord, il s’écrasa près de Vergt. Les Allemands ont refusé et même interdit d’approcher ».Ces faits sont confirmés par Lucien Marcou dit Regain, dans l’allocution qu’il prononce le 10 novembre 1996 à Grun-Bordas :« Edgar [Philippe de Gunzbourg qui, recruté par les services secrets britanniques depuis 1941, a rejoint le réseau SOE Wheelwright de George Starr, dit Hilaire, qui s’implante dans le Sud-Ouest] m’avait demandé de me rendre au Buisson pour une série de parachutages. Effectivement, nous en réalisâmes deux entre le Buisson et Siorac. Le message passa une troisième fois, mais pour des raisons de sécurité, je fis installer notre dispositif rive droite sur la commune du Coux. Le parachutage eut lieu mais dans des conditions inhabituelles. L’avion arriva très tard – nous allions partir – et à une altitude élevée. Nous notâmes un bruit insolite des moteurs. Au lieu de procéder aux manœuvres traditionnelles d’approche, il largua immédiatement sa cargaison et repartit aussitôt. Nous eûmes beaucoup de mal à récupérer nos containers espacés au sol. Le lendemain, Edgar me fit demander si l’avion était venu car il n’était pas rentré à sa base. Je lui rapportai les faits. Et quelques jours plus tard, apprenant qu’un avion allié s’était écrasé cette nuit là, dans la région de Vergt, je fis le rapprochement. Tout concordait, c’était mon avion ».Lorsqu’il arrive enfin sur les lieux, en plein bois, Fernand Sabouret remarque de nombreux arbres décapités à des hauteurs différentes, laissant deviner la trajectoire oblique de l’appareil. « La chute, se souvient-il, avait creusé un cratère de deux mètres de profondeur environ. Des débris de toutes sortes étaient répandus sur le sol environnant. Des lambeaux de parachute étaient accrochés à la cime d’un chêne. Les troncs des arbres restés debout étaient maculés de terre et des traces de chair étaient visibles. Une odeur de roussi se dégageait du cratère ». Marcel note que « la nuit suivante, les hommes sont venus et ont fouillé les débris, ils ont réussi à sortir trois cadavres bien mutilés et les ont enterrés très difficilement, la terre était comme cuite, dure ». Fernand remarque aussi sur le site, à l’extrémité du cratère, côté nord, une tombe qui lui semble purement symbolique : « délimitée par de la mousse et de la verdure, du laurier, je pense, elle était surmontée d’une croix de Lorraine à la base de laquelle était une plaque dont le contenu de l’inscription m’a échappée ». Il s’agit probablement de celle que, dans la nuit du 20 au 21 février 1944, les hommes du groupe Marcel ont plantée sur les lieux, rendant par là les honneurs, avec cette inscription : « Ici repose le corps d’un aviateur allié mort au champ d’honneur le 16 février 1944. Les camarades du maquis ».Selon Fernand Sabouret, les Allemands ont transporté une partie des corps au cimetière de l’Ouest à Périgueux où les obsèques, écrit Guy Penaud, dans son livre Histoire de la Résistance en Périgord, sont « célébrées quelques jours plus tard, en la seule présence du pasteur Camblong » et d’ajouter : « Comme fleurs, il n’y avait que quatre modestes branches de lauriers ».Fernand Sabouret qui, après s’être recueilli quelques instants sur les lieux de l’événement, avait ramassé un morceau de métal en souvenir – qu’il a gardé comme une précieuse relique – a été élu maire de la commune de Grun-Bordas en 1977, et n’a eu de cesse d’honorer la mémoire de cet équipage de la RAF venu s’écraser en cette terre périgorde et entreprend des recherches pour retrouver l’identité des sept hommes qui ont péri dans l’accident. Sa quête s’avère difficile d’autant plus qu’il a fourni à ses interlocuteurs la date du 17 février. Ce n’est qu’en remettant de l’ordre dans ses archives qu’il se rend compte de son erreur. « Après, disait-il dans un entretien accordé à la Dordogne Libre, rien n’a été plus facile. Nous avons contacté M. Blandin qui est délégué de la RAF à Lyon et qui a obtenu l’identité des sept aviateurs ».Le 2 août 1996, après avoir exposé à son conseil municipal des faits remontant au 16 février 1944, il lui annonce que « après de nombreuses années de recherches, il a pu obtenir auprès de la Royal Air Force l’identité des membres de l’équipage » et lui annonce « qu’il a pris l’initiative, sur ses fonds privés, d’acheter une plaque en granit sur laquelle sont gravés les noms et prénoms des sept aviateurs qui ont péri dans cet accident » et, afin de perpétuer le souvenir de ces soldats, « demande l’accord du Conseil pour que cette plaque soit scellée sur le monument aux morts ». La proposition est adoptée et la date de la cérémonie fixée au 10 novembre 1996.Cette commémoration qui revêtait un caractère exceptionnel commence à 11h 30 par la plantation d’un mai en bordure du CD 43, à mi-chemin entre Vergt et Bordas, près du lieu du crash où le monument provisoire (une Croix de Lorraine en laurier), érigé au moment des faits par les résistants locaux, avait été reconstitué et où le premier magistrat rappela à l’assistance nombreuse les faits. Ce moment mémoriel fut suivi à 12 h par une messe à la mémoire des victimes de toutes les guerres par l’abbé Dufraiche. A 12h 40, vinrent le temps du dévoilement de la plaque et les allocutions. A cette occasion, Jean-Pierre Saint-Amand, Vice-président du Conseil Général et Conseiller Général du canton de Vergt, se référant à Michel de Montaigne, rendit un hommage appuyé à tous ceux qui ont souffert afin de préserver ce que nous sommes aujourd’hui et d’ajouter : « Nous étions persuadés que ces 7 aviateurs avaient rejoint le « Pays des Grands Hommes » au service de leur mission. Qu’ils y dorment en paix, la population de chez nous ne les oubliera jamais. La valeur de leur vie n’aura pas reposé sur sa durée, mais sur ce qu’ils en ont fait ».Enfin, à 13 heures, furent solennellement remis à M. Deleyre, président du Musée militaire de Périgueux, une mitrailleuse provenant de l’appareil ainsi que le drapeau de la Garde nationale de Grun (créée par la commune de Paris en 1789 et dissoute en 1871 après 52 ans d’activité).A Grun-Bordas, sur le monument aux Morts, place de l’église, on peut lire sur la plaque inaugurée le 10 novembre1996, en présence de M. de Perreti, ministre de l’Outre-Mer, de Dominique Bousquet, député, Bernard Cazeau, président du Conseil Général, Jacques Auzou, Jean-Pierre Saint- Amand, Jean Fourloubey, conseillers généraux, de Jean-Marie Schmittlin, directeur départemental de l’ONACVG, représentant le Préfet, du colonel Le Bot, Délégué militaire départemental ainsi que d’une forte délégation britannique (représentant du consul, attaché militaire, familles des victimes), l’inscription : « A la mémoire des aviateurs alliés morts pour la liberté le 16.02.1944 à Boirac : Robinson Kevin, Stubbings Ronald, Williams Reginald, Caine Gerrard, Whimpenney Arnold,Jackson James, Lambourne Henry ».Quatre membres de cet équipage sont anglais (Ronald Stubbings, 20 ans, sergent, navigateur / Gerrard Caine, 22 ans, sergent, bombardier / Reginald Alfred Williams, 28 ans, sergent, mécanicien / Arnold Whimpenney, 21 ans, sergent, mitrailleur), deux sont australiens (Kevin Alphonsus Robinson, 28 ans, Officier pilote / Henry Edward Lambourne, 21 ans, sergent, radio) et un, canadien (James Alexander Jackson, mitrailleur). Tous sont aujourd’hui enterrés au cimetière militaire britannique de Mazargues (créé en 1918 pour accueillir les dépouilles des soldats de l’empire britannique morts à Marseille, il célèbre aujourd’hui la mémoire de 1742 soldats tombés en 1914-1918 et 1939-1945 dont 994 Hindous victimes de la Première Guerre mondiale).Chaque année, à la date-anniversaire, à Grun-Bordas, une cérémonie à laquelle participe une délégation de la Royal Air Force, rend hommage aux sept aviateurs tombés en 1944 sur le territoire de la commune, loin de leur terre natale, offrant leurs jeunes vies en sacrifice à un idéal de liberté encore si difficile à gagner. »







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