75ème anniversaire de la Brigade Alsace-Lorraine

75ème anniversaire de la Brigade Alsace-Lorraine

Nous avons récemment rendu compte des travaux de Catherine et François Schunck et de leur dernier ouvrage « Strasbourg Périgueux villes sœurs ». S’il en était besoin, l’anniversaire de la création de la Brigade Alsace-Lorraine viendrait confirmer l’importance de cet exil des Alsaciens, et de lorrains, en Périgord, qui se traduit par de nombreux jumelages de communes de part et d’autre.

Plusieurs manifestations vont marquer ce 75ème anniversaire, rappelées dans l’encadré ci-dessous, que vous pouvez retrouver également à notre rubrique « Evènements ». Mais tout d’abord rappelons nous ce que fut cette Brigade Alsace-Lorraine, grâce à cette synthèse d’Hervé Chassaing dans Sud-Ouest:

« En Dordogne tout le monde se vante d’avoir été résistant, alors qu’en Alsace il faut presque s’excuser de l’avoir été, face à la victimisation des malgré nous», résume avec humour MarieNoël Diener-Hatt. Elle est la fille d’Ancel, qui a donné son nom à un maquis très actif autour de Périgueux, l’un des piliers de la brigade AlsaceLorraine. Elle participe cette semaine au 75e anniversaire de sa fondation en tant qu’historienne et présidente du Comebal, le Comité pour la mémoire de la brigade Alsace-Lorraine. Comme le rappelle Noël Balout, qui participe à l’organisation de cet anniversaire, «ce mouvement de résistance a joué un rôle important en Dordogne avec de nombreux personnages». Plusieurs manifestations sont organisées (lire ci-contre) afin de garder cette mémoire vivante, alors qu’il ne reste plus qu’une poignée de témoins. Jusqu’à 800 maquisards Marie-Noël Diener-Hatt racontera l’histoire de la formation de cette brigade composée d’évacués arrivés en 1939, de démobilisés venus en 1940 et de réfractaires aux incorporations dans l’armée allemande à partir de 1941. «Au début, des recruteurs ont formé un réseau dormant d’Alsaciens et de Lorrains qui devaient se tenir prêts pour le Débarquement.» Dans sa conférence du vendredi 19juillet, l’historienne mettra l’accent sur des personnages importants dans ce recrutement: Gustave Houver et Henri Brandstetter. Les premiers ont pris le maquis début 1944, d’abord dans la Double, avant de déménager plusieurs fois pour se retrouver à Cendrieux en mai. Forte d’une trentaine de membres à l’origine, cette légion AlsaceLorraine (transformée en brigade en septembre 1944) a regroupé jusqu’à 800 personnes dans les bois du Périgord, notamment à Durestal. Il n’y avait pas que des Alsaciens et des Lorrains, mais ces derniers formaient le gros de la troupe. Leur objectif final était d’aller libérer leur région.

Rencontre avec Malraux

Le Comebal entretient cette mémoire qui dépasse la Dordogne, puisque des groupes de Toulouse, du Gers et de Savoie ont rejoint ceux du Périgord pour aller libérer Colmar et Mulhouse aux côtés des troupes du général De Lattre. Marie-Noël Diener-Hatt a beaucoup œuvré pour reconstituer la genèse de cette légion. D’anciens militaires et des enseignants, comme Ancel, sont devenus les cadres de ces groupes qui ont participé aux actions des mouvements de toutes obédiences. Malraux, réfugié au château d’Urval, était l’un des liens avec les agents de Londres avant de devenir l’un des patrons de ce maquis. Ces maquisards avaient peu d’armes: pour le défilé du 14juillet 1944, avant de gros parachutages salutaires, une partie de la troupe avait des bâtons à la place de fusils ! Armés, les Alsaciens sont devenus très efficaces, par exemple pour la Libération de Périgueux ou dans la célèbre attaque du train de Neuvic avec ses deux milliards de francs pour les maquis. »

Voir l’évènement: http://cdm24.fr/events/75eme-anniversaire-de-la-creation-de-la-brigade-alsace-lorraine/

 

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